Association pour la légalité des opérations et mouvements bancaires

samedi 18 juin 2011

Le général de Gaulle estimait que la nationalisation du système bancaire était nécessaire contre l’influence néfaste des banques « assez puissantes pour faire échec à l’intérêt général »




Préface de Maxime Gremetz, homme politique pour « Le livre noir de la Banque » de Gérard Faure-Kapper

Selon les chroniqueurs financiers le système bancaire français se porte bien. En fait ce sont les banquiers qui vont de mieux en mieux. Pour les consommateurs et les petites entreprises artisanales et agricoles cela va de mal en pis.

« Le livre noir de la banque » dont le titre résume fort bien le contenu arrive à point pour dénoncer les multiples abus de la position dominante bancaire. Son auteur Gérard Faure-Kapper rappelle s’il en était besoin les scandaleux privilèges et les astuces d’exploitation des clients du monde feutré et policé de la Banque.

A lire l’auteur il est bien loin de l’idéal des « jours heureux » du programme du Conseil National de la Résistance (C.N.R)

« "instauration d’une véritable démocratie économique et sociale impliquant l’éviction des grandes féodalités économiques et financières de la direction de l’économie"

"retour à la Nation des grands moyens de production monopolistes, fuite du travail commun, des sources d’énergie, des richesses du sous-sol, des compagnies d’assurances et des grandes banques." »

Le 2 décembre 1945 le gouvernement d’union nationale alliant les gaullistes et les communistes annonce la nationalisation de la Banque de France et celles du crédit lyonnais, de la société générale, de la Banque nationale du commerce et de l’industrie et du comptoir national de l’escompte c’est-à-dire les quatre plus grandes banques.

Le général de Gaulle dit lui-même que la nationalisation du système bancaire est nécessaire contre l’influence néfaste des banques « assez puissantes pour faire échec à l’intérêt général ».
De plus, l’Etat crée trois banques « à lui » : le crédit national pour les entreprises, le crédit foncier pour le logement et la Banque du commerce extérieur. Enfin les mutuelles du crédit agricole et de la Banque populaire sont alignées sur le secteur bancaire nationalisé.

Ceci étant la déréglementation financière commence avec les gouvernements socialistes et en 1956 les banques d’affaires redeviennent des banques à part entière et concurrencent dangereusement le secteur national.

Dès lors les quatre banques nationalisées font tout pour se libérer de l’Etat et se comportent de plus en plus comme des banques d’affaires.

En 1981 les nouvelles nationalisations voulues par la gauche ne vont pas arrêter ce mouvement et si l’Etat organise ces entités financières, il commence aussi en sous-main à organiser le retour du secteur privé.

A peine élue en 1986 la Droite fait de la privatisation des Banques la clé de son programme et très rapidement, la société générale, la CCF, Paribas et Suez sont privatisées. Jusqu’en 1994, sous la Droite comme sous la Gauche, pratiquement tout le secteur financier retourne au privé : la BNP, le CIC, le crédit local de France, etc.

Sous le ministère de Dominique Strauss-Kahn ministre des finances, les privatisations bancaires et des assurances s’achèvent, crédit lyonnais, AGF, GAM, etc.

Avec lui le monde bancaire français est entré dans « la finance mondialisée ! ».

La crise financière de 2008 met en relief ce pouvoir exorbitant des banques. Elles obtiennent de l’Etat en urgence 20 milliards d’euros, puis 90 milliards d’euros de garantie et sans aucune contrepartie, le gouvernement de Monsieur Sarkozy ne demande ni actions, ni sièges dans les conseils d’administration des Banques.

Pire, la généralisation du livret A atteint le nécessaire monopole de la caisse des dépôts et de la Banque postale. Cela parachève la main mise sur les particuliers du secteur juteux de la banque qui avait déjà œuvré pour la suppression des comptes personnels pour les particuliers à la Banque de France et au Trésor public.

Enfin la privatisation de la Banque postale livre les services bancaires de la poste à la capacité du secteur privé et les alliances de la poste avec la société générale et la Banque préfigure la fin de la Banque de service public.

Le rêve du « tout libéralisme » est atteint et les profiteurs peuvent maintenant se servir.

C’est ce que notre auteur nous livre les tenants de cette exploitation financière du grand public et des petites entreprises.

Que faire ?
Avant de pouvoir revenir aux nationalisations bancaires de salut public il faut sans doute se battre pour dénoncer tous les abus qui sont tels que le pouvoir actuel en est lui-même gêné d’où ses déclarations politiques pour tenter de calmer le jeu.

Une proposition de loi visant à créer un observatoire parlementaire, économique et paritaire de surveillance du monde bancaire serait la bienvenue. D’où le grand intérêt de ce travail de qualité qu’a effectué Gérard Faure-Kapper que j’ai eu le privilège de préfacer.

Qu’il est loin le temps « des jours heureux » du programme du Conseil National de la Résistance !

Monsieur Gremetz
Député de la Somme

3 commentaires:

  1. Bravo pour vos articles !

    Tenez bon !

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  2. Il n'existe pas de "folles dépenses", régionales ou nationales ! On lit ce jugement lapidaire dans "Valeurs Actuelles" : "Les Espagnols découvrent les folles dépenses de leurs administrations régionales" : est-ce exact ? A mon avis, c'est l'interprétation superficielle d'un problème sous-jacent plus fondamental: l'endettement obligatoire des pays de l'UE imposé par le Traité de Lisbonne (article 123). L’effondrement général des économies européennes est explicable par une confusion sémantique entre l’argent-dette (Schriftgeld, monnaie scripturale, crédits, M3) et l’argent-travail (Bargeld, monnaie fiduciaire, dépôts, M1-M2). Quand le FMI dit qu’il va « …débloquer une ligne de crédit de plus de six milliards… », il s’agit évidemment de monnaie scripturale ce qui montre qu’il peut créer de « l’argent » (masse M3) ex-nihilo, comme le font les banques privées sauf les banques centrales de l’Union Européenne qui en sont strictement empêchées par l’article 123 du Traité de Lisbonne. Alors que p. ex. la Banque Nationale Suisse se permet de faire comme le FMI (mais sans intérêts) afin de maintenir l’euro à 1,20 CHF. Le souci est que, lors de la création monétaire ex-nihilo par des banques privées comme le FMI ou « les marchés », l’intérêt n’est pas créé, d’où un « jeu de l’avion » absurde de revente de « dettes » virtuelles… Il y a donc là une imposture fondamentale, que le seul prix Nobel français en Sciences économiques (1988), feu Maurice Allais, avait décrite dans un article de Paul Fabra paru dans Le Monde du 28 octobre 1988 dans les termes suivants : « Il faut dire qu’il n’y a pas aujourd’hui de différence entre le métier de banquier et celui de faux-monnayeur » ! Bonne journée. Denis Bloud http://dbloud.free.fr/limposturemonetaire.htm).

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